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Du
30 aout au 2 septembre, se tenait au Cap d'Agde le rendez-vous
des Harley Davidson et Goldwing
Cette
année, la manifestation a réuni près de 1000 motos venues
de France mais aussi de voisins européens comme la Suisse,
l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie etc…
La rencontre a regroupé essentiellement des Harley et des
Goldwing (ces grosses motos suréquipées) mais aussi des customs
(motos japonaises qui ressemblent à des Harley, font un bruit
proche des moteurs de Harley mais ne sont pas des Harley)
et des Trikes (accouplement contre nature d'une moto et d'une
voiture donnant un véhicule à trois roues avecl'avant d'une
moto et l'arrière carrossé sur un essieu à deux roues).
Nous avons encore en mémoire un film comme l'Equipé Sauvage
avec Marlon Brando où une bande de jeunes motards sème la
panique dans une petite bourgade tranquille des Etats-Unis.
Alors ce mythe du biker tatoué aux airs méchants est-il avéré
ou s'agit-il tout simplement d'un cliché ?
Pour en savoir plus, nous avons rencontré Jean Christophe.
qui a participé à cette édition 2001 avec sa Harley Dyna et
nous donne son sentiment à ce sujet.
Vertigo : Vous qui êtes un motard de longue date et
avez participé à de nombreux rassemblements, que pensez-vous
de cette édition 2001 du Cap d'Agde
JC : Je ne suis peut-être pas vraiment représentatif
de l'ensemble des participants car, pour dire franchement,
ce type de concentration me déçoit de plus en plus.
Vertigo : A quel niveau, l'organisation ?
JC : Non il ne s'agit pas de cela, ces quatre jours
étaient vraiment bien organisés par le Cap d'Agde. Il s'agit
plutôt de l'esprit qui règne dans ce genre de manifestation.
Au risque de passer pour ancien combattant, je trouve que
l'esprit motard en général s'est dénaturé et, fatalement cela
se retrouve dans une rendez-vous comme celui-ci.
Vertigo : Qu'appelez-vous l'esprit motard ?
JC : Il y a une vingtaine d'années, les gens de moto
formaient une véritable communauté où les mots entraide et
solidarité avaient un sens. Lorsqu'on tombait en panne sur
le bord de la route, on pouvait être sûr que le premier motard
qui passait s'arrêtait pour vous dépanner quitte à perdre
une heure ou deux pour aller vous chercher une pièce ou réparer.
Bien sûr, on peut encore aujourd'hui trouver des gens comme
cela mais ils sont beaucoup plus rares. La société a évolué
et aujourd'hui beaucoup de gens achètent une moto, non pas
par amour de la moto mais pour correspondre à l'idée qu'ils
se font d'un propriétaire de Harley ou de Goldwing. Et ces
gens-là, on les retrouve aussi dans des réunions comme celles
du Cap d'Agde.
Vertigo : Vous y voyez une nouvelle génération de motards
plus " frimeurs ".
JC : Il est sûr que lorsque vous vous retrouvez à
un week-end comme celui-ci vous avez l'impression de tomber
dans un cliché de BD. Le motard de Harley se doit de porter
des lunettes noirs, des santiags, un blouson avec le sigle
de son club Harley dans le dos, un bandana, une barbe de 3
jours et d'avoir l'air pathibulaire. Ajouter à cela des cassettes
de Jhonny et le tableau est complet.
Vertigo : Une chevauchée de clones ?
JC : C'est vous qui le dites. Mais en effet je crois
que comme dans beaucoup de domaines, la forme importe plus
que le fonds. Il faut ressembler au modèle défini comme critère.
Si vous êtes skater vous allez endosser l'uniforme, casquette
retournée, pantalon trop grand et air blasé. Si vous êtes
jeune branché urbain, vous allez endosser le déguisement Obispo.
En ce qui concerne la moto, je crois qu'on s'éloigne un peu
de ce qui est censé nous réunir, l'amour de la moto.
Vertigo : Cela veut dire que vous n'irez plus dans
ce genre de rassemblements ?
JC : Je n'ai pas dit cela. Je vous ai livré un sentiment
général mais il y a toujours des gens sympas avec lequels
on a des affinités et puis, il y a le plaisir de voir une
quantité de belles machines. Et rien que pour cela je reviendrai
l'année prochaine.
5
Septembre 2001
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