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Haine
meurtrière, quelles solutions ?
Le mardi 11 septembre se déclenchaient les attentats terroristes
que nous savons et dont les images, en direct, persistent
dans nos rétines incrédules. Des milliers de victimes surprises
dans la banalité de leur vie par une violence venue du ciel
et de la haine. Nous nous associons à tous les témoignages
de solidarité et de tristesse envoyés à cette population meurtrie
et voulons assurer le peuple blessé de notre compassion.
Moins d'une semaine après les attentats, des alliances impensables
il y a peu prennent forme (Russie/Etats-Unis), les théories
de défense chères au gouvernement Bush (bouclier anti-missile)
sont mises à mal en mettant en évidence leur inadéquation
face aux nouveaux risques de ce siècle. La faillite des systèmes
de renseignement est éclatante et implique de nouveaux modes
de fonctionnement.
A la globalisation des échanges commerciaux se juxtapose une
nouvelle donne : la mondialisation terroriste. Celle-ci impose
aux états une nouvelle façon d'entrevoir le renseignement
et la sécurité. Ce qui, jusqu'à aujourd'hui, appartenait au
monde du secret national va devoir muter vers une culture
du partage, ce qui ne sera pas sans poser de nombreux problèmes
de mise en œuvre mais apparaît comme lune des réponses essentielles
à l'internationalisation du terrorisme.
On nous parle de guerre. Bush déclare que nous (le monde occidental)
sommes en guerre. Sur le plan sémantique, qu'est-ce qui nous
permet de déclarer que nous sommes en guerre ? Le fait terroriste
sur des cibles 'occidentales' ? Pourtant il y a eu les attentats
de Beyrouth, Lockerby et d'autres qui procédaient déjà d'un
terrorisme international. Alors, serait-ce le nombre de victimes
? Ou le lieu de l'attentat même qui touche l'occident dans
ses deux symboles, à la fois de la puissance financière et
militaire ?
Une guerre n'est-elle pas la manifestation belliqueuse ultime
d'un état envers un autre. Ne s'agit-il pas aujourd'hui plutôt
d'une guerilla telle celle que les Algériens subissent depuis
des années et frappant injustement une population sans défense.
Guerilla contre laquelle une lutte est à entreprendre. Lutte
contre un fléau sournois, niant la personne humaine, le libre
arbitre et qu'il faut bien sûr éradiquer mais certainement
pas en envoyant une armée bombarder l'Afghanistan. Certes,
le peuple américain, blessé et humilié a besoin d'un exutoire.
Mais cela justifie-t-il une riposte inadaptée et porteuse
en son sein des éléments d'un engrenage incontrôlable ?
Les questions sont nombreuses et les réponses incertaines.
Le monde se transforme, se globalise. Des frontières disparaissent
et les réseaux s'organisent sur l'ensemble de la planète.
Réseaux marchands, réseaux financiers, réseaux de connaissance
et d'information et, aussi, réseaux terroristes.
Et si cette mondialisation ou globalisation est difficilement
niable et réversible, il nous appartient de nous assurer qu'elle
ne soit pas un accélérateur d'inégalités, de frustration et
de souffrance, alimentant ainsi le terreau de la désespérance
et par la même de la violence. Acceptons ce rétrécissement
planétaire tout en conservant vigilance et oeuvrons pour qu'il
profite à chacun et non pas à quelques uns.
PGO,
19
Septembre 2001
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