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Accueil - Chronique Passion - Aquariophilie



Lorsque l’on est aquariophile dans l’âme, il est très difficile de ne pas succomber à la beauté d’un aquarium marin, et en particulier à celle d'un aquarium récifal. La fusion des couleurs, la plénitude des madrépores et des alcyonnaires posés tels des fleurs de la mer dans la tourmente des courants et des turbulences que produisent les pompes à eau, mais aussi la curiosité liée aux techniques mises en oeuvre pour garantir le développement des animaux, sont autant d'éléments subjectifs et objectifs qui font franchir le cap et inoculent d'emblée le virus incurable de l’aquarium récifal.

Le sujet

La réussite d’un aquarium récifal repose sur quelques techniques éprouvées de longue date par les amateurs. Ces techniques, raisonnablement qualifiables de recettes comme le seraient de simples recettes de cuisine, assurent une réussite quasi-certaine quand on les respecte sans trop de compromis. Il est important de ne pas négliger les équipements minimums nécessaires, sous peine de ne jamais voir l’aquarium trouver son équilibre. Le maître mot de l’aquarium récifal est "proximité", c’est-à-dire l’interaction intime des éléments les uns entre les autres. Mais il n'y a pas besoin d’être chimiste, technicien, docteur, ou biologiste pour obtenir un bon résultat : il suffit d’être un aquariophile observateur et fort de son bon sens.

Cet article propose l’installation d’un aquarium récifal selon la "méthode berlinoise" destinée à héberger des madrépores (ou coraux durs) à petits polypes, c'est-à-dire les SPS (= "small polyp scleractinia"): principalement le genre Acropora et les autres scléractiniaires branchus. Ceci étant, cette approche convient à la maintenance de la quasi-totalité des invertébrés fixés tropicaux appréciant la lumière. C’est une technique éprouvée depuis plusieurs décennies, dans des volumes bruts de quelques dizaines de litres à quelques dizaines de mètres cubes. Ce n’est peut-être pas la plus novatrice, mais elle vous promet le développement le plus fiable et reproductible pour votre écosystème captif.

La méthode berlinoise est originaire d’Allemagne. Elle a été conçue par l'Association d'Aquariophilie Marine de Berlin, qui compte dans ses rangs des membres célèbres comme Dietrich Stüber, conjointement avec Peter Wilkens en Suisse. Cette méthode a bien entendu connu quelques aménagements au cours des années, et a bénéficié des apports technologiques de l’industrie aquariophile. Avant de détailler les éléments qui composent un aquarium récifal de type berlinois, je vous invite à les visualiser de manière générale.

Cuve principale et support

Désormais, il est assez courant et facile d’envisager la fabrication d’une cuve en verre sur mesure, adaptée à l’environnement de l'installation et surtout à des exigences qui peuvent paraître insignifiantes concernant l’écologie du système. Il est souhaitable de choisir une cuve en verre plus profonde que haute. Ces proportions permettent l’installation d'un décor volumineux et irrégulier, vital pour l’équilibre de l’aquarium récifal. Ainsi, le volume de pierres ne confinera pas les poissons et autres coraux dans un petit volume d’eau libre. Enfin, il est plus facile de dissimuler dans le décor les auxiliaires techniques, comme les pompes à eau, par exemple. Une bonne profondeur sera d’un effet beaucoup plus harmonieux et offrira davantage de perspective. Il est généralement considéré que la hauteur "idéale" ne dépasse pas 60 cm. En effet, cette hauteur :
- permet une bonne illumination de l’ensemble de l’aquarium par le système d’éclairage.
- facilite l’accès au plus profond de l’aquarium, pour déplacer facilement un animal par exemple, sans avoir besoin d’y tremper l’épaule et le coup !

En réalité, les techniques de plus en plus efficaces d’éclairage, mais également un agencement intelligent du décor conçu avec des plates-formes surélevées, autorisent des hauteurs d’eau plus importantes toujours en harmonie avec les proportions générales de l’aquarium. Dans ce cas, il est important de se référer aux normes de Saint-Gobain pour s’assurer de l’épaisseur des plaques de verre utilisées. Un volume proche de 300 à 400 litres semblent être un minimum pour s'assurer du confort.

Pour simplifier la gestion de la masse d’eau de l’aquarium, il est généralement conseillé de la déporter, grâce à un débordement, dans une cuve annexe qui se trouve sous l’aquarium, ou à côté, en fonction de la place, et qui sera divisée en au moins deux parties.

Débordement et cuve annexe

Avant le collage de la cuve, il est possible :
- de réaliser un perçage dans l'angle supérieur de l’une des vitres latérales et d'installer un peigne de débordement destiné à retenir les déchets risquant d'obstruer le passage.
- de percer la vitre du fond et d’intégrer un boîtier de surverse et un peigne de débordement par lequel l’eau va s’évacuer.

Dans le cas où l’on ne souhaite pas percer ou lorsque l’on utilise un aquarium déjà collé, il existe des équipements manufacturés ou des bricolages très fiables permettant un trop plein et une connexion à la cuve annexe. Les différentes connexions entre la cuve principale et la ou les cuve(s) secondaire(s), comme le décanteur, sont généralement réalisées avec des tuyaux en PVC de canalisation. Il est généralement conseillé d’utiliser des tuyaux aux normes alimentaires mais de nombreuses installations fonctionnent avec du PVC classique sans aucun problème, même après de nombreuses années.

La cuve annexe est un aquarium plus petit que l'aquarium principal mais le plus grand possible : c'est toujours du volume d'eau utilse à la dépollution. En tout cas, elle doit avoir la capacité de recueillir un tiers du volume total de la cuve principale en cas de panne électrique ou en cas de panne de la pompe de remontée.

Précisons quand même qu’il est tout à fait possible de gérer un aquarium récifal sans avoir de cuve de décantation annexe, mais en localisant l'équipement dans l’aquarium lui-même. Il est même envisageable de se passer de décanteur : le système global de la gestion d’un aquarium récifal l’y autorise !

Support

Le support est généralement en métal traité contre la rouille, le plus protégé possible, ou alors avec des pieds en béton ou moellons par exemple. Bref, il faut un support solide, stable et bien horizontal.

 



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