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Gestion de l’eau et philosophie générale

La gestion de l’eau dans un aquarium récifal est une action primordiale correspondant à une juste et bonne compréhension de quelques mécanismes simples, mais essentiels.

Les habitants de l’aquarium, la nourriture non consommée et les végétaux en décomposition représentent de la matière organique qui s’accumule dans l’aquarium. Dans une installation stable, cette matière organique empoisonnante est prise en charge par des cycles biologiques (comme le cycle de l’azote), qui transforment les déchets en matière moins toxique et exploitable par les hôtes. La méthode berlinoise a l’avantage de s’appuyer sur des leviers écologiques naturels - c’est là où réside son secret - pour transformer et exploiter cette énergie qui semble néfaste au premier abord, mais qui devient positive si l’on respecte quelques règles simples et très logiques.

Phase 1 - L’eau de mer

Généralement, on remplit son aquarium d’eau osmosée et on prépare l’eau de mer directement dans la cuve. Il est fortement conseillé de laisser tourner l’installation complète uniquement avec l’eau douce pendant 48 heures. Cela permet de vérifier et de s’assurer de l’étanchéité de l’ensemble du système. En cas de micro-fuite sur un raccord en PVC, il est possible de revenir en arrière. Paradoxalement, et même s’il s’agit bien sûr d’un aquarium qui hébergera des invertébrés, il est fortement conseillé d’opter pour un sel "pauvre", par opposition à une formule enrichie. Dans les premières semaines de vie de l’aquarium, l’eau contient en effet des nutriments à des concentrations telles que les oligo-éléments en surplus ne feront que faciliter la croissance des algues. Les sels enrichis seront éventuellement employés au moment des changements d’eau ultérieurs. Après quelques jours, l’aquarium et son circuit d’eau ayant été éprouvés quant à l’étanchéité, et mis à température (entre 24 et 25 °C), on va entrer dans le vif du sujet.

Phase 2 - Les pierres vivantes, filtre naturel

Dans les différentes phases d’installation d’un aquarium récifal avec la méthode récifale, celle des pierres vivantes est située en premier, car l’ensemble de la gestion de l’eau repose d’abord sur elles : les négliger, c’est rater son entrée en matière. Le rôle des pierres vivantes est vital. Elles sont une base indispensable à toute vie dans le milieu naturel qui nous intéresse, mais aussi dans de nombreux écosystèmes tempérés.

La roche est constituée de squelettes de coraux morts ou de conglomérats de sédiments durcis par le temps. La porosité d'une pierre est un bon indicateur de sa qualité. Plus elle est poreuse et plus elle est capable d'abriter les micro-organismes indispensables à la réalisation des cycles de dégradation.

L’intérêt essentiel des pierres vivantes se situe à l'échelle microscopique. En plus des nombreuses espèces d'organismes pluricellulaires qu'elles abritent, les pierres vivantes sont le support d'un grand nombre d'espèces de bactéries. Parmi celles-ci, on trouve les genres Nitrosomonas et Nitrobacter que l'on connaît bien, puisque ce sont les bactéries responsables de la nitrification (Ammonium ® Nitrites ® Nitrates). Ces bactéries sont présentes dans les nombreuses zones aérobies (contenant de l'oxygène) que recèlent les pierres vivantes. A proximité de ces zones aérobies existent des zones anaérobies (ne contenant pas d'oxygène) qui sont colonisées par des bactéries utilisant les nitrates comme source d'oxygène, participant ainsi à la dénitrification (Nitrates ® Azote). Ces pierres vivantes, quand elles sont présentes en quantité suffisante vont jouer à la fois le rôle de filtre biologique et de dénitrateur. La proximité des zones aérobies et anaérobies permet aux nitrates qui sont formés d'être, au fur et à mesure, éliminés et le cycle de l'azote est ainsi bouclé. Ainsi, à condition que votre bac ne soit pas saturé en matières organiques, l'élimination des déchets sera prise en charge en grande partie par les pierres vivantes.

Bien souvent on détermine la quantité de pierres vivantes selon un rapport poids des pierres sur volume de l’aquarium. Il est préférable d’estimer les conditions idéales en volume d’occupation. Il est préconisable de considérer que les pierres vivantes doivent occuper les 1/3 du volume de la cuve. Il est possible d’associer les pierres vivantes avec des "pierres mortes" pour diminuer l’investissement. En effet, les "pierres mortes" deviendront vivantes par effet de la colonisation, mais cela reculera d’autant l’équilibre et la stabilité de l’écosystème captif. Attention aux fausses économies !

Avant d'installer dans l’aquarium les pierres vivantes plutôt légères et poreuses, il faut les nettoyer et les débarrasser des organismes morts pendant le transport, comme les éponges, et enlever également les prédateurs comme les crabes. Il faut ensuite rincer les pierres avec de l’eau de mer à température raisonnable (25 °C) et brosser délicatement les zones douteuses.

Les pierres vivantes ainsi préparées sont ensuite disposées à même le sol de l’aquarium et non pas sur une couche de sable qui pourrait alors devenir un zone de pollution car susceptible de réactions anoxiques se produisant dans les couches sableuses enfermées sous les pierres. Elles pourront également être disposées sur des plaques de verre préalablement collées en escalier, ou alors, disposées sur des jambages en PVC, par exemple, permettant ainsi un bon passage du courant et évitant des zones d’accumulation de déchets divers.



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